Recherche politesse désespérément
Je suis allé à La Poste pour envoyer un petit colis. J'attendais mon tour bien sagement derrière la ligne jaune où il est écrit ” stop discrétion “. J'ai alors vu un mec me griller la politesse avec un bel aplomb, comme si je n'existais pas. Il a foncé au guichet, a déposé quelques enveloppes avec un geste princier, puis est reparti, en me donnant ma plus belle réplique d'homme invisible.
Ces quelques lignes s'adressent aux Québécois qui lisent ce blog régulièrement, et aux Français bien éduqués. Dites bien aux gens qui vous entourent que les Gaulois ne se comportent pas en terrain conquis seulement à l'étranger. Faites courir le bruit qu'en France, on ratisse le territoire depuis des lustres pour remettre la main sur un ouvrage précieux qui dicte quelques règles simples pour bien vivre en société. Le gouvernement français a même engagé une équipe d'archéologues affûtés pour retrouver ce satané dico des bonnes manières…
Il y a des moments où je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, vanter ce pays ou le maudire… En trois ans d'expatriation au Québec, je n'ai pas vu une seule file d'attente être bafouée par un abruti qui méprise avant de réfléchir. Merci mon pays de donner autant de matière à ce blog qui te giflera quand tu l'auras mérité. Une petite fessée sur ton cul de petite effrontée…













Le Canada, pays des grands espaces, des hivers rudes… et des prisons poreuses ! Au Québec, on peut se faire la belle sans avoir à escalader un
Si vous demandez à un Français qui a vécu au Québec ce qu'il a le plus apprécié sur son ancienne terre d'accueil, il y a fort à parier qu'il vous réponde ceci : la serviabilité. Les touristes étrangers qui débarquent en France n'ont pas la chance d'être reçus comme des rois. Sur son piédestal touristique, la première destination mondiale est peu disposée à faire des efforts. C'est comme une actrice sans rivales, qui se lève, presque machinalement, pour aller chercher son Oscar… Le tourisme, c'est l'arme de séduction massive de la France, un dernier lambeau de fierté sur un corps rabougri.
S'il y a bien une chose que j'apprécie au Québec, c'est de pouvoir me promener sur les trottoirs sans avoir à faire un inventaire des crottes de chiens en slalomant sur ces pistes dépravées. Oui, dans la Belle Province, les trottoirs restent des trottoirs. Présentables ! Aucun intrus moelleux pour te parfumer les souliers, et accessoirement te ruiner un rendez-vous galant ou professionnel. Ni cette odeur infecte qui te condamne à ne plus accepter de passagers dans ta voiture pendant une période indéterminée. J'ai presque oublié quel pied portait bonheur si ma semelle était redécorée. Je peux aussi m'asseoir dans l'herbe d'un parc sans devoir utiliser un détecteur de mines canines.