L’équipe qui décape l’actu

« Le Canadien de Montréal est l'eau de javel de l'actualité. » J’aime bien cette formule choc. Je l’ai entendue ce matin à la radio alors qu’il était question de hockey. Encore ! C’est bien là le problème : au Québec, il y a une équipe qui prend beaucoup de place dans les médias, qui lui vouent une véritable obsession, et même trop au goût de ses détracteurs ou de ceux qui en ont ras la tuque (bonnet) d'être inondés par les faits et gestes du club et de ses vedettes.














Si vous demandez à un Français qui a vécu au Québec ce qu'il a le plus apprécié sur son ancienne terre d'accueil, il y a fort à parier qu'il vous réponde ceci : la serviabilité. Les touristes étrangers qui débarquent en France n'ont pas la chance d'être reçus comme des rois. Sur son piédestal touristique, la première destination mondiale est peu disposée à faire des efforts. C'est comme une actrice sans rivales, qui se lève, presque machinalement, pour aller chercher son Oscar… Le tourisme, c'est l'arme de séduction massive de la France, un dernier lambeau de fierté sur un corps rabougri.

Vendredi 29 janvier. Il doit être 19h. Je viens de raccompagner deux amis à l'aéroport. J'attends mon bus. A vrai dire, j'attends mon sauveur. Attendre son bus un soir d'été, c'est une partie de plaisir, mais un soir d'hiver au Québec, ça devient une épreuve. Ce soir-là, il fait - 22, mais le vent, grand prince, a majoré l'addition avec un petit pourboire de - 10. Au dessus de ma tête, la lune est pleine comme un oeuf, remplie de cette lumière qui ne réchauffe que les pupilles. Ce n'est, après tout, qu'un astre mort, comme les doigts de pieds qui gisent au fond de mes godasses. Je ne suis pas tout seul dans mon frigidaire. Nous sommes une quinzaine à poireauter, les lèvres scotchées par l'atmosphère sibérienne. Seul deux personnes rompent le silence en échangeant quelques mots.